Beaucoup d’adultes vivent avec des troubles d’apprentissage sans jamais avoir su que leurs difficultés étaient liées à un trouble neurodéveloppemental. À La CENTAM, sous la direction scientifique du Dr Dave Ellemberg, neuropsychologue, professeur titulaire à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal, ces adultes trouvent enfin un cadre clinique rigoureux pour comprendre leur profil cognitif.
Qu’est-ce qu’un trouble d’apprentissage chez l’adulte ?
Un trouble d’apprentissage (TA) est un trouble persistant d’origine neurologique, indépendant du niveau intellectuel. Selon le DSM-5-TR (APA, 2022), il se distingue d’une difficulté passagère par sa durée et sa résistance aux interventions éducatives standard. La prévalence des troubles spécifiques des apprentissages est estimée entre 5 et 15 % chez les enfants d’âge scolaire, avec une persistance documentée à l’âge adulte. Les principales manifestations du trouble spécifique des apprentissages incluent la dyslexie, la dysorthographie et la dyscalculie. D’autres troubles neurodéveloppementaux, comme le trouble développemental du langage (anciennement appelé dysphasie) et le trouble développemental de la coordination (dyspraxie), peuvent également être présents, mais constituent des diagnostics distincts.
Pourquoi les troubles d’apprentissage restent-ils si souvent non diagnostiqués à l’âge adulte ?
Les troubles d’apprentissage demeurent parfois non diagnostiqués parce que leurs manifestations sont souvent attribuées à tort à d’autres causes, comme un manque d’effort, un manque de motivation, des difficultés d’attention ou encore l’anxiété.
Par ailleurs, plusieurs personnes développent, dès l’enfance, des stratégies qui leur permettent de compenser une partie de leurs difficultés. Le soutien des parents, des enseignants ou de l’entourage peut également contribuer à masquer le trouble. Cependant, lorsque les exigences augmentent à l’adolescence ou à l’âge adulte et que les tâches deviennent plus complexes, ces stratégies ne suffisent parfois plus. Les difficultés émergent alors plus clairement et le trouble devient enfin visible
Les signes courants chez un adulte : dyslexie, dyspraxie, dysphasie et TDAH
La dyslexie adulte se manifeste souvent par une lecture plus lente et plus laborieuse, une fatigue accrue, ainsi que des difficultés de compréhension.
La dysorthographie adulte se caractérise par des erreurs orthographiques persistantes, des difficultés à appliquer les règles de grammaire et une plus grande lenteur lors de la rédaction.
La dyspraxie adulte peut entraîner des difficultés dans la coordination des mouvements, l’apprentissage de certaines habiletés motrices et l’exécution de tâches qui nécessitent une planification motrice complexe. Chez certains adultes, l’écriture manuscrite peut demeurer lente et exigeante.
La dysphasie adulte peut se manifester par des difficultés à trouver ses mots, des hésitations fréquentes lorsqu’on s’exprime ou encore une difficulté à formuler clairement sa pensée, particulièrement lors de conversations complexes, de présentations ou de réunions de travail.
Le TDAH est souvent présent en même temps qu’un trouble d’apprentissage. Comme ces deux conditions peuvent entraîner des difficultés semblables à l’école, au travail ou dans la vie quotidienne, une évaluation neuropsychologique permet de mieux comprendre l’origine des difficultés et d’établir un diagnostic précis.
Trouble d’apprentissage ou difficulté d’apprentissage chez l’adulte : comment distinguer ?
La difficulté d’apprentissage chez l’adulte est situationnelle. Elle est généralement liée à des facteurs externes ou circonstanciels et n’implique pas un trouble neurodéveloppemental. La difficulté d’apprentissage s’améliore avec un soutien éducatif adapté (ex. orthopédagogie), un changement de contexte ou un soutien en psychoéducation. Le trouble d’apprentissage, lui, persiste malgré des interventions répétées et appropriées — c’est un critère diagnostique central du DSM-5-TR. Avant de conclure à un trouble d’apprentissage, un contexte d’adversité psychosociale ou une déficience sensorielle non corrigée doit être exclu. l’Évaluation neuropsychologique complète permet de poser cette distinction de façon fiable, en examinant l’ensemble du profil cognitif.
Trouble d’apprentissage et vie professionnelle : les impacts réels
Chez plusieurs adultes, un trouble d’apprentissage non diagnostiqué peut entraîner des difficultés importantes au travail. Certaines tâches, comme la lecture de longs documents, la rédaction de rapports, la prise de notes ou les calculs, peuvent demander beaucoup plus d’efforts et de temps que pour les collègues.
Comme ils ne connaissent pas toujours l’origine de leurs difficultés, plusieurs en viennent à croire, à tort, qu’ils manquent d’aptitudes ou qu’ils ne travaillent pas assez fort. Avec le temps, cette situation peut affecter la confiance en soi et entraîner de la frustration, de l’anxiété ou une détresse psychologique importante.
Troubles d’apprentissage chez l’adulte et mesures de soutien à l’université au Québec
Un adulte inscrit au cégep ou à l’université peut avoir accès à différentes mesures de soutien afin de compenser les impacts de son trouble d’apprentissage. Selon sa situation, il peut notamment bénéficier de temps supplémentaire aux examens, d’un environnement moins distrayant, de logiciels d’aide à la lecture ou à l’écriture, ou d’autres mesures adaptées à ses besoins. Ces mesures sont généralement accordées à la suite d’une démarche auprès du centre de service d’aide aux étudiants en situation de handicap et nécessitent une documentation professionnelle appropriée.
Un diagnostic de trouble d’apprentissage posé à l’âge adulte peut permettre d’obtenir des mesures de soutien adaptées dans les établissements d’enseignement. Les mesures accordées sont généralement déterminées en fonction des besoins de la personne et des impacts du trouble sur ses études.
La démarche consiste habituellement à transmettre une documentation professionnelle au service d’aide aux étudiants de l’établissement afin que les mesures appropriées puissent être évaluées et mises en place.
La CENTAM réalise des évaluations neuropsychologiques détaillées permettant de documenter la présence d’un trouble d’apprentissage et ses répercussions fonctionnelles dans les contextes scolaires et professionnels.
Neuropsychologue et évaluation des troubles d’apprentissage chez l’adulte
Le neuropsychologue évalue l’ensemble du profil cognitif : mémoire, attention, fonctions exécutives, langage et habiletés académiques. Il se distingue du psychologue, qui travaille davantage sur le fonctionnement émotionnel et la personnalité, sans l’évaluation des fonctions mentales supérieures. L’évaluation produit un profil cognitif individualisé. Ce profil oriente des recommandations concrètes, adaptées au contexte professionnel, scolaire ou personnel de chaque adulte consulté.
Comment La CENTAM accompagne les adultes qui consultent pour la première fois
La CENTAM reçoit régulièrement des adultes qui consultent pour la première fois à l’âge de 25, 35, 50 ou même 60 ans. L’évaluation ne repose pas sur un test unique : c’est une démarche clinique structurée.
Le rapport remis à l’issue de l’évaluation présente les résultats, décrit les forces et les besoins et explique comment ceux-ci peuvent se manifester dans les études, au travail ou dans la vie quotidienne. Il comprend également des recommandations concrètes adaptées à la situation de la personne, qu’il s’agisse de stratégies compensatoires, de mesures de soutien ou d’outils technologiques.
La rencontre de remise des résultats permet de revoir les conclusions de l’évaluation, de répondre aux questions et de mieux comprendre les répercussions du diagnostic au quotidien. C’est également l’occasion de discuter des démarches à entreprendre et des ressources pouvant favoriser la réussite scolaire, professionnelle ou personnelle.
Dyslexie adulte non diagnostiquée : le cas des femmes
Certaines femmes atteintes d’un trouble d’apprentissage ne reçoivent un diagnostic qu’à l’adolescence ou à l’âge adulte. Comme plusieurs ont développé des stratégies leur permettant de composer avec leurs difficultés, celles-ci peuvent parfois passer inaperçues pendant de nombreuses années.
Chez certaines personnes, les difficultés sont attribuées à tort à un manque de confiance en soi, à l’anxiété ou à un manque d’aptitudes scolaires. Une évaluation approfondie permet alors de mieux comprendre l’origine de ces difficultés et d’identifier les mesures de soutien appropriées.
Étapes de l’évaluation neuropsychologique des troubles d’apprentissage
L’évaluation débute par un entretien clinique approfondi visant à comprendre les difficultés de la personne dans leur ensemble. Cet entretien explore notamment son parcours scolaire et professionnel, ses antécédents développementaux, médicaux et familiaux, ainsi que son fonctionnement psychologique et psychoaffectif. Cette étape est importante, puisque certaines difficultés émotionnelles ou psychologiques peuvent ressembler à un trouble d’apprentissage ou en accentuer les manifestations.
L’évaluation comprend ensuite l’administration de tests et d’épreuves standardisés permettant d’examiner différentes sphères du fonctionnement cognitif, notamment l’attention, la mémoire, les fonctions exécutives, le langage, le raisonnement ainsi que les habiletés en lecture, en écriture et en mathématiques. Les résultats sont ensuite intégrés aux informations recueillies lors de l’entretien clinique afin de mieux comprendre les forces, les difficultés et leurs répercussions dans la vie quotidienne, les études ou le travail.
Troubles d’apprentissage chez l’adulte et crédit d’impôt pour frais médicaux au Québec
Les frais d’évaluation neuropsychologique peuvent être admissibles au crédit d’impôt pour frais médicaux au sens de la Loi de l’impôt sur le revenu, administré par Revenu Québec et l’Agence du revenu du Canada. Certains régimes d’assurance collective ou individuelle prévoient une couverture partielle pour les évaluations réalisées par un neuropsychologue; il est recommandé de vérifier directement auprès de son assureur, les conditions variant selon le contrat souscrit. Conserver les reçus officiels reste essentiel dans tous les cas.
Reconnaître les troubles d’apprentissage chez l’adulte : un premier pas vers la réussite
Les troubles d’apprentissage chez l’adulte ne sont pas une fatalité, et encore moins une question d’intelligence. Un diagnostic tardif reste un diagnostic utile : il explique des difficultés longtemps incomprises, oriente vers des ressources concrètes et ouvre des portes, tant sur le plan professionnel qu’académique. La démarche commence par une évaluation neuropsychologique des troubles d’apprentissage réalisée par un professionnel qualifié. Pour poser vos questions et amorcer le processus, communiquez avec notre équipe.
Foire aux questions
Un adulte peut-il recevoir un diagnostic de troubles d’apprentissage ?
Oui, un diagnostic de trouble d’apprentissage posé uniquement à l’âge adulte est cliniquement valide. Les critères du DSM-5-TR s’appliquent à tout âge. La forme du diagnostic diffère de celle utilisée pour l’enfant, mais sa légitimité est identique. L’absence de diagnostic antérieur s’explique généralement par les mécanismes de compensation développés au fil des années. Une évaluation neuropsychologique des troubles d’apprentissage permet de poser ce diagnostic avec rigueur, en s’appuyant sur une analyse complète du profil cognitif.
Quelle est la différence entre un trouble d’apprentissage et une difficulté d’apprentissage chez l’adulte ?
La difficulté d’apprentissage chez l’adulte est situationnelle : elle s’améliore avec un soutien adapté ou un changement de contexte, et ne reflète pas de dysfonction neurologique sous-jacente. Le trouble d’apprentissage, lui, est d’origine neurologique et persiste malgré des interventions répétées et appropriées. Un adulte peut confondre les deux pendant des années, surtout si ses stratégies de compensation fonctionnent bien en apparence. Seule une évaluation différentielle complète permet de trancher entre les deux et d’orienter vers les ressources appropriées.
Comment se déroule une évaluation neuropsychologique des troubles d’apprentissage chez l’adulte ?
L’évaluation débute par un entretien clinique approfondi visant à comprendre les difficultés de la personne dans leur ensemble. Cet entretien explore notamment son parcours scolaire et professionnel, ses antécédents développementaux, médicaux et familiaux, ainsi que son fonctionnement psychologique et psychoaffectif.
L’évaluation comprend ensuite l’administration de tests et d’épreuves standardisés permettant d’examiner différentes sphères du fonctionnement cognitif, notamment l’attention, la mémoire, les fonctions exécutives, le langage, le raisonnement ainsi que les habiletés en lecture, en écriture et en mathématiques. Les résultats sont ensuite intégrés aux informations recueillies lors de l’entretien clinique afin de mieux comprendre les forces, les difficultés et leurs répercussions dans les études, le travail et la vie quotidienne.
Un rapport neuropsychologique détaillé est ensuite rédigé. Celui-ci présente les résultats de l’évaluation, les conclusions diagnostiques lorsqu’elles sont indiquées ainsi que des recommandations personnalisées visant à répondre aux besoins de la personne.
Enfin, une rencontre de remise des résultats permet de revoir les conclusions du bilan, de répondre aux questions et de discuter des stratégies, des ressources et des mesures de soutien susceptibles de favoriser la réussite scolaire, professionnelle ou personnelle.
Les frais d’évaluation neuropsychologique sont-ils couverts par l’assurance ?
La couverture dépend du régime d’assurance collective ou individuelle souscrit. Certains contrats prévoient un remboursement partiel pour les évaluations réalisées par un neuropsychologue; il est conseillé de vérifier directement auprès de son assureur avant d’entreprendre la démarche. Par ailleurs, les frais d’évaluation neuropsychologique peuvent être admissibles au crédit d’impôt pour frais médicaux au sens de la Loi de l’impôt sur le revenu, selon la situation fiscale de chaque personne. Conserver les reçus officiels facilite toute démarche de réclamation.
Peut-on obtenir des mesures adaptées à l’université avec un diagnostic de trouble d’apprentissage ?
Oui, un rapport neuropsychologique documentant un trouble d’apprentissage ouvre droit aux mesures adaptées dans les établissements d’enseignement supérieur au Québec. Les mesures courantes incluent le temps supplémentaire aux examens, l’isolement et l’accès à des outils technologiques reconnus. La démarche passe par le service d’aide à l’intégration ou aux étudiants en situation de handicap de l’établissement. Pour en savoir davantage sur les évaluations de la dyslexie et des troubles d’apprentissage, communiquez avec notre équipe.



