TL;DR
- La dysgraphie touche le geste d’écriture, la dysorthographie touche l’orthographe.
- La différence tient au « comment » on écrit plutôt qu’au « quoi » on écrit.
- Dysgraphie et dysorthographie coexistent souvent, mais demeurent des diagnostics distincts.
- Orthophoniste, ergothérapeute et neuropsychologue interviennent selon la question posée.
- Une évaluation précise sépare le geste graphique du savoir orthographique.
Parents et adultes confondent souvent la dysgraphie et la dysorthographie, car les deux perturbent la production écrite. Cet article clarifie ce que recouvre chacun de ces troubles et comment les distinguer : l’un touche le geste d’écriture, l’autre l’orthographe, et ils peuvent coexister. Pour situer le contexte, vous pouvez aussi comprendre les troubles d’apprentissage.
Deux troubles de l’écriture souvent confondus
La dysgraphie et la dysorthographie sont deux troubles spécifiques des apprentissages qui touchent la production écrite, ce qui explique la confusion fréquente entre les deux. Pourtant, la différence entre la dysgraphie et la dysorthographie est nette : la première concerne le geste graphique, la seconde le contenu orthographique. Ce sont des troubles neurodéveloppementaux reconnus, distincts les uns des autres, même lorsqu’ils coexistent dans les troubles du langage écrit. Bien les distinguer permet de mieux comprendre la difficulté observée et d’orienter l’évaluation.
La dysgraphie : un trouble du geste graphique
La dysgraphie affecte l’acte moteur de l’écriture : la formation des lettres, la vitesse d’écriture et la lisibilité. Elle relève de la motricité fine et concerne le « comment » de l’écriture manuscrite, et non la connaissance de l’orthographe. L’écriture devient souvent lente, pénible ou illisible malgré des efforts réels. Il ne s’agit donc pas d’une simple écriture négligée, mais d’une difficulté durable du geste.
La dysorthographie : un trouble de l’orthographe
La dysgraphie affecte l’acte moteur de l’écriture : la formation des lettres, la vitesse d’écriture et la lisibilité. Elle relève de la motricité fine et concerne le « comment » de l’écriture manuscrite, et non la connaissance de l’orthographe. Elle peut se manifester chez l’enfant comme chez l’adulte, à l’école comme au travail. L’écriture devient souvent lente, pénible ou illisible malgré des efforts réels. Il ne s’agit donc pas d’une simple écriture négligée ou d’un manque d’effort, mais d’une difficulté durable du geste.
La dysorthographie : un trouble de l’orthographe
La dysorthographie touche à la maîtrise des règles orthographiques et à la correspondance phonème-graphème. Elle concerne ce qui est écrit, c’est-à-dire le contenu orthographique, et non le geste manuscrit, qui peut rester parfaitement lisible. Elle peut toucher l’orthographe lexicale, celle des mots, comme l’orthographe grammaticale, celle des accords. Les erreurs persistent malgré l’enseignement et la pratique répétée. Fréquemment liée au traitement du langage écrit, elle rend l’orthographe coûteuse à mobiliser, même chez un enfant qui connaît ses leçons et s’applique.
Les signes qui évoquent une dysgraphie
Certains indices peuvent évoquer une dysgraphie, sans constituer un diagnostic. Parmi les signes de la dysgraphie observables :
- Lettres irrégulières ou illisibles, espacement et taille inconstants.
- Écriture lente et laborieuse, fatigue, crampes, tenue du crayon ou posture inconfortables.
- Évitement des tâches d’écriture, avec un écart marqué entre l’aisance à l’oral et la production écrite.
- Difficulté à copier au tableau ou à prendre des notes rapidement.
Ces manifestations méritent l’attention d’un professionnel pour être interprétées. Elles peuvent aussi varier selon la tâche.
Les signes qui évoquent une dysorthographie
Les signes de la dysorthographie se situent du côté du contenu écrit et se distinguent par type d’erreur :
- Erreurs phonétiques : omissions ou ajouts de lettres, confusion d’homophones.
- Erreurs d’usage et grammaticales : accords persistants mal maîtrisés malgré les règles apprises.
- Écriture lente et laborieuse, l’orthographe monopolisant l’attention.
- Mots fréquents écrits de plusieurs façons dans un même texte.
Distinguer l’erreur phonétique de l’erreur grammaticale aide à mieux cerner la nature de la difficulté. Ces types d’erreurs sont ensuite analysés lors de l’évaluation.
Pourquoi les deux troubles coexistent souvent
La coexistence de la dysgraphie et de la dysorthographie s’explique par une charge cognitive partagée. Écrire mobilise à la fois le geste et l’orthographe : quand l’un devient coûteux, l’autre peut se dégrader. Si l’orthographe exige beaucoup d’attention, le geste se relâche, et inversement. Chez l’enfant, une copie peut ainsi devenir à la fois illisible et truffée d’erreurs. Cette comorbidité et ces troubles associés sont fréquents, mais chaque trouble doit encore être identifié séparément lors de l’évaluation pour être pleinement compris.
Les liens avec la dyslexie et la dyspraxie
Ces troubles neurodéveloppementaux s’accompagnent parfois de troubles associés. La dysorthographie est souvent associée à la dyslexie, car les deux affectent le traitement du code écrit. La dysgraphie peut être liée à la dyspraxie lorsque la coordination motrice fine est altérée, notamment dans les gestes du quotidien. Ces associations restent des liens de fréquence : ce sont des diagnostics distincts, et non des synonymes à confondre entre eux. Elles justifient toutefois de vérifier la présence de ces troubles lors de l’évaluation neuropsychologique.
Comment l’évaluation distingue les deux troubles
Le bilan de la dysgraphie et de la dysorthographie repose sur une démarche de diagnostic différentiel. À l’aide de tâches d’écriture ciblées, il sépare le geste graphique du savoir orthographique afin de déterminer avec rigueur l’origine de la difficulté. Ces tâches peuvent inclure la copie, la dictée et la production libre d’un texte. Les résultats sont ensuite situés dans l’ensemble des fonctions cognitives, afin d’écarter des causes qui se chevauchent. C’est justement cette démarche différentielle qui rend l’autodiagnostic peu fiable.
Les professionnels concernés par le diagnostic
Plusieurs professionnels interviennent, avec des rôles complémentaires plutôt que hiérarchisés :
- L’orthophoniste pour le code du langage écrit, souvent en jeu dans la dysorthographie.
- L’ergothérapeute pour le geste graphomoteur, souvent en cause dans la dysgraphie.
- Le neuropsychologue pour le profil cognitif global et le portrait différentiel, notamment l’attention et la mémoire.
Chacun apporte un éclairage propre selon les difficultés observées. Un bilan pluridisciplinaire combine ces regards et offre la vue la plus complète de la situation de l’enfant ou de l’adulte.
Les adaptations scolaires possibles
Des adaptations scolaires largement documentées peuvent soutenir l’enfant, à titre d’exemples :
- Temps supplémentaire et réduction de la charge de travail écrite.
- Outils d’aide comme le clavier ou la saisie au traitement de texte.
- Correcteur orthographique pour la dysorthographie, aides au geste pour la dysgraphie.
- Possibilité de répondre à l’oral lors de certaines évaluations.
Au Québec, elles figurent souvent au plan d’intervention de l’élève. Ces aménagements gagnent à s’accompagner d’une valorisation de l’effort et des progrès, pour préserver l’estime de soi.
L’approche de La CENTAM face aux troubles de l’écriture
La CENTAM, clinique de neuropsychologie située à Montréal, évalue les troubles d’apprentissage spécifiques, dont la dysgraphie et la dysorthographie. Elle est placée sous la direction scientifique du Dr Dave Ellemberg, PhD, neuropsychologue et professeur titulaire à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal. Elle accueille les enfants, les adolescents et les adultes. Une évaluation des troubles d’apprentissage analyse les dimensions cognitives, émotionnelles, intellectuelles et scolaires du profil de la personne, afin de mieux comprendre les difficultés observées à l’écrit.

Conclusion
Pour distinguer la dysgraphie de la dysorthographie, retenez l’essentiel : la première touche le geste graphique, la seconde l’orthographe. Les signes de la dysgraphie concernent la lisibilité et la vitesse, ceux de la dysorthographie les erreurs d’orthographe persistantes. Les deux peuvent coexister et gagner à être clarifiés par une évaluation professionnelle rigoureuse. Lorsque les signes persistent chez l’enfant ou l’adulte, consulter le bon professionnel permet d’identifier clairement chaque trouble séparément et d’orienter le soutien vers ce qui aidera réellement au quotidien.
FAQs
Quelles sont les différences majeures entre la dysgraphie et la dysorthographie ?
La dysgraphie est un trouble du geste d’écriture et de la lisibilité, tandis que la dysorthographie est un trouble de l’orthographe. L’une est de nature motrice, l’autre de nature linguistique. Les deux affectent la production écrite, mais pour des raisons bien différentes : le tracé des lettres d’un côté, la maîtrise du code orthographique de l’autre. Un enfant peut ainsi écrire lisiblement avec de nombreuses erreurs, ou l’inverse. Cette distinction oriente ensuite l’évaluation et le soutien à envisager pour chaque personne.
Comment se manifeste physiquement la dysgraphie chez l'enfant ?
Physiquement, la dysgraphie se caractérise par une main crispée, une tenue du crayon inconfortable, une fatigue rapide et une écriture lente et pénible. Les lettres sont souvent irrégulières, mal espacées ou illisibles malgré les efforts fournis. On peut aussi observer des ratures fréquentes et une pression excessive sur le crayon. Ces manifestations constituent des signes qui justifient une évaluation par un professionnel, et non un diagnostic posé sur la seule base des observations faites en classe ou à la maison.
Quels sont les signes permettant de reconnaître une dysorthographie?
La dysorthographie se caractérise par des erreurs phonétiques et grammaticales persistantes, malgré la connaissance des règles. On observe souvent des homophones confondus, des lettres omises et des accords difficiles à maîtriser. Le même mot peut aussi être écrit de plusieurs façons dans un texte. La relecture suffit rarement à les corriger. Un indice utile : ces erreurs demeurent même lorsque l’écriture est parfaitement lisible, ce qui montre que la difficulté concerne le code orthographique et non le geste manuscrit de l’enfant.
Pourquoi ces deux troubles cohabitent-ils souvent ?
Dysorthographie et dysgraphie sollicitent toutes deux la production écrite, si bien que leurs difficultés peuvent se renforcer mutuellement au fil des tâches. L’effort consacré à l’orthographe peut dégrader le geste, et l’inverse est tout aussi vrai. Par exemple, un enfant concentré sur l’orthographe peut voir son écriture devenir moins lisible. Cette charge partagée explique leur cohabitation fréquente. Chaque trouble reste toutefois identifié séparément lors de l’évaluation, car il n’appelle pas les mêmes pistes de soutien ni les mêmes aménagements scolaires.
Vers quels spécialistes se tourner pour obtenir un diagnostic officiel ?
Selon la question posée, l’orthophoniste, l’ergothérapeute et le neuropsychologue peuvent notamment intervenir. L’orthophoniste s’intéresse au code du langage écrit, l’ergothérapeute au geste, et le neuropsychologue au profil cognitif global. Le médecin de famille ou le pédiatre peut aussi orienter vers ces professionnels. Une vue combinée, pluridisciplinaire, donne le portrait le plus complet et aide à départager les difficultés d’écriture. L’important est d’orienter la démarche vers le professionnel le mieux adapté à la difficulté observée et à l’âge de la personne.
Quelles solutions existent pour aider un enfant atteint de ces troubles ?
Les adaptations scolaires offrent un premier appui : du temps supplémentaire, un clavier et une réduction de la charge d’écriture. S’y ajoutent des outils d’aide adaptés, un correcteur orthographique pour les difficultés d’orthographe, des aides au geste pour la dysgraphie, ainsi qu’un soutien ciblé. Ces mesures gagnent à s’appuyer sur les recommandations issues d’une évaluation complète du profil. Valoriser les progrès et les efforts soutient la motivation de l’enfant et protège son estime de soi dans les apprentissages du langage écrit.



