Recevoir les résultats de l’évaluation de la dyslexie chez l’enfant soulève souvent une question immédiate chez les parents : quoi faire ensuite ? L’évaluation neuropsychologique ouvre la voie à un accompagnement structuré, et non à une impasse. Comprendre les étapes suivantes aide à agir sans précipitation et à poser des gestes utiles pour votre enfant.
Ce que confirme une évaluation de la dyslexie
L’évaluation documente objectivement le profil de lecture de l’enfant et situe la difficulté dans le cadre d’un trouble spécifique des apprentissages. Elle précise si l’obstacle touche au décodage, à la reconnaissance rapide des mots ou aux deux à la fois. En s’appuyant sur des critères cliniques traçables, tels que ceux du DSM-5-TR, l’évaluation écarte également d’autres causes possibles des difficultés observées. Vous obtenez ainsi une image claire, fondée sur des données objectives, plutôt que des suppositions ou des impressions.
La rencontre de remise des résultats, une étape clé
La rencontre de remise des résultats permet aux parents de poser leurs questions directement au professionnel. C’est le moment de clarifier chaque terme et chaque conclusion du dossier, sans crainte de paraître insistant. Le rapport présente le profil de l’enfant ainsi que des recommandations concrètes, formulées selon la terminologie clinique reconnue au Québec. Ne repartez pas sans avoir compris les conclusions : ce document guidera toutes les démarches qui suivront, à l’école comme auprès des intervenants concernés.
Comprendre le rapport et les recommandations
Le rapport indique généralement l’ordre de priorité des interventions recommandées. Cette priorisation est précieuse, car elle vous montre par où commencer sans vous disperser inutilement. Il n’est pas nécessaire de tout entreprendre simultanément. Commencez par ce que le rapport identifie comme prioritaire, puis ajoutez les autres mesures au fil du temps. Cette approche structurée soutient l’accompagnement de la dyslexie chez l’enfant sans promettre la guérison, mais en misant sur des gestes réalistes et progressifs.
Mettre en place un suivi en orthopédagogie
Le suivi orthopédagogie est habituellement recommandé à la suite d’une évaluation confirmant une dyslexie. L’orthopédagogue intervient dans la rééducation, une étape distincte de l’évaluation, qui a ses propres objectifs. La fréquence des rencontres varie selon le profil de l’enfant et les objectifs visés. Dans le secteur public, les délais peuvent être longs, d’où l’intérêt de prendre rendez-vous rapidement. Amorcer le suivi en orthopédagogie tôt évite que le temps d’attente ne retarde inutilement les progrès de l’enfant.
Demander un plan d’accompagnement personnalisé à l’école

Contactez l’enseignant ou la direction pour amorcer la démarche d’aménagement scolaire liée à la dyslexie. Un plan d’accompagnement personnalisé permet d’adapter le quotidien de l’enfant en classe. Les mesures possibles incluent du temps supplémentaire pour les examens, l’usage d’un outil numérique ou, dans certains cas, une dérogation scolaire. Cette démarche s’appuie directement sur le rapport d’évaluation, qui justifie chaque aménagement demandé auprès de l’établissement et facilite le dialogue avec l’équipe-école.
Ce que le crédit d’impôt pour frais médicaux peut couvrir
Au Québec, certains frais liés à l’évaluation ou au suivi peuvent être admissibles au crédit d’impôt pour frais médicaux. Cette possibilité allège parfois une partie des dépenses des familles. Les conditions d’admissibilité et les montants applicables varient et évoluent au fil du temps. Avant de faire une demande, vérifiez les critères en vigueur auprès des autorités fiscales ou d’un professionnel compétent, et conservez soigneusement vos reçus et documents justificatifs pour appuyer votre demande.
Adapter la lecture à la maison sans pression
Privilégiez de courtes séances de lecture plaisir plutôt que de longues séances épuisantes. Quelques minutes agréables valent mieux qu’un moment vécu comme une corvée par l’enfant. Les livres audio permettent de maintenir le goût des histoires même quand le décodage reste laborieux. Ils nourrissent l’imaginaire sans exercer de pression. Pensez aussi à valoriser les autres forces de l’enfant, qu’il s’agisse de créativité, de sport ou d’expression orale, afin de préserver sa confiance en lui.
Éviter l’erreur de vouloir tout régler en même temps
Vouloir mettre en œuvre toutes les recommandations en quelques semaines mène souvent à l’épuisement parental. La surcharge nuit autant aux parents qu’à l’enfant lui-même. Suivre l’ordre de priorité indiqué dans le rapport facilite une mise en œuvre réaliste. Chaque étape peut être ajoutée progressivement, une fois la précédente bien installée. Ce rythme mesuré, sans urgence, rend l’accompagnement plus durable et moins stressant pour toute la famille, tout en respectant les capacités de chacun.
S’entourer d’un réseau de soutien
Les associations de parents d’enfants dyslexiques offrent du soutien et de l’information pratique. Elles constituent une ressource communautaire utile au-delà du simple suivi clinique. Échanger avec d’autres familles vivant une situation similaire aide à dédramatiser le parcours et à relativiser les difficultés du quotidien. Le soutien familial reste un facteur important dans l’adaptation de l’enfant : se sentir compris et entouré renforce sa motivation et son estime de soi au fil du temps.
Suivre les progrès de l’enfant dans le temps
Les besoins de l’enfant peuvent évoluer avec l’âge et le niveau scolaire. Ce qui convient au primaire n’est pas toujours adapté au secondaire, où les exigences évoluent. Certains professionnels recommandent un suivi périodique afin d’ajuster les mesures en place et de vérifier leur pertinence. Cela n’implique pas nécessairement une nouvelle évaluation complète à chaque étape. Il s’agit surtout d’observer, d’adapter et de maintenir un cadre réaliste qui accompagne l’enfant dans la durée.
L’accompagnement documenté par l’évaluation à La CENTAM

La CENTAM effectue des évaluations neuropsychologiques des troubles d’apprentissage, dont la dyslexie, chez l’enfant, sous la direction scientifique du Dr Dave Ellemberg, neuropsychologue, professeur titulaire à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal. Le rapport produit à l’issue de l’évaluation documente le profil de l’enfant et propose des recommandations concrètes. La CENTAM ne fournit pas de suivi orthophonique ni de rééducation ; ces services relèvent d’autres professionnels. Pour amorcer la démarche d’évaluation, prenez rendez-vous.
Conclusion
La dyslexie chez l’enfant, après l’évaluation, marque un point de départ, pas une fin. Le rapport ouvre la voie à des gestes concrets et priorisés. Rappelez-vous les étapes clés : comprendre le rapport, amorcer le suivi orthophonique, démarrer les démarches scolaires et avancer progressivement. Un accompagnement structuré et priorisé, appuyé par des recommandations claires, permet à l’enfant de progresser à son rythme, sans pression inutile et avec le soutien de son entourage.
Foire aux questions
Que faire en premier après l’évaluation de la dyslexie de mon enfant ?
Commencez par ce que le rapport identifie comme prioritaire, car cette priorisation vous évite de vous disperser. Dans bien des cas, il est utile de contacter l’école en premier pour amorcer les démarches d’aménagement scolaire. Le rapport d’évaluation sert de base à ces échanges avec l’enseignant ou la direction. Vous pouvez ensuite enchaîner avec les autres recommandations, une étape à la fois, selon le rythme réaliste de votre famille.
Combien de temps dure le suivi orthophonique en cas de dyslexie ?
La durée du suivi orthophonique varie selon la sévérité de la dyslexie et le profil de chaque enfant. Certains progressent plus rapidement, d’autres ont besoin d’un accompagnement plus long. Aucune durée moyenne fixe ne peut être avancée sans une évaluation clinique du cas précis. C’est l’orthophoniste qui, en fonction des objectifs et de l’évolution de l’enfant, précisera la fréquence des séances et ajustera le plan au fil du temps.
Comment demander un plan d’accompagnement personnalisé à l’école ?
Contactez l’enseignant ou la direction de l’établissement pour signaler le résultat de l’évaluation. Cette prise de contact amorce officiellement la démarche. Le plan d’accompagnement personnalisé s’appuie sur le rapport reçu pour définir des mesures adaptées, telles que du temps supplémentaire aux examens ou l’usage d’un outil numérique. Apportez le document lors de vos échanges : il justifie chaque aménagement demandé et facilite la mise en place d’un cadre concret pour votre enfant.
La dyslexie peut-elle disparaître avec le temps ?
La dyslexie est un trouble neurodéveloppemental qui ne disparaît pas de lui-même. Elle accompagne la personne, mais son impact peut être considérablement réduit. Grâce à un accompagnement de la dyslexie chez l’enfant adapté et à un suivi soutenu, l’enfant apprend à développer des stratégies de compensation efficaces. Ces stratégies l’aident à contourner ses difficultés de lecture et à s’appuyer sur ses forces, à l’école comme dans la vie quotidienne, au fil de son développement.
Quels frais liés à l’évaluation sont admissibles à un crédit d’impôt au Québec ?
Au Québec, certains frais liés à l’évaluation ou au suivi peuvent être admissibles au crédit d’impôt pour frais médicaux, mais les conditions et les montants varient et évoluent. Ces critères doivent être confirmés auprès des autorités fiscales avant toute demande. Conservez vos reçus et vos documents justificatifs, puis vérifiez votre admissibilité selon votre situation. Au besoin, un professionnel en fiscalité pourra vous confirmer ce qui s’applique précisément à votre cas.
Comment aider mon enfant dyslexique à la maison sans le décourager ?
Privilégiez des séances de lecture courtes et positives plutôt que de longs moments épuisants. L’objectif est de préserver le plaisir, pas de multiplier les efforts. Les livres audio préservent le goût des histoires sans la fatigue du décodage. Valorisez aussi les forces de votre enfant en dehors de la lecture, qu’il s’agisse de créativité, de sport ou d’expression orale. Un climat encourageant renforce sa confiance et soutient l’accompagnement de l’enfant dyslexique au quotidien.



